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Ovidie La référence du porno féminin français

Ovidie

Réalisation

Ovidie est une trentenaire épanouie, auteur, réalisatrice et éducatrice sexuelle, qui fait aujourd’hui figure de référence dans le porno féminin français. Son pseudonyme est issu d’une bande dessinée du dessinateur P’tit Luc, « Destin Farceur » : une petite rate nommée Ovidie refuse d’être réduite à son rôle de femelle reproductrice et fait sa révolution chez ses congénères rats. Dans le monde du porno, cette ancienne étudiante en philosophie est souvent considérée par ses pairs comme l’intello du X.

 

Féministe militante et engagée (elle se définit elle-même comme étant une « féministe pro-sexe »), Ovidie fut la première personne en France à soumettre l’idée de développer une pornographie féminine. La jeune femme a notamment combattu les dérives sexistes qui sont légion dans le milieu porno traditionnel et a également dénoncé les dangers des plateformes internet proposant des vidéos porno gratuites longues durées (ie. : les tubes porno tels que YouPorn, X-Hamster ou PornHub pour les plus connus). Outre le fait qu’elles mènent tout droit à la mort de la production mondiale de films pornographiques en pillant ses contenus, ces plateformes de streaming gratuit font l’apologie d’une pornographie violente et dégradante en banalisant notamment des pratiques telles que le vomissement lors de fellations en gorge-profonde ou la strangulation.

De l’actrice à la réalisatrice

Ovidie fit ses premiers pas dans l’univers du porno en tant qu’actrice X de 1999 à 2003, période durant laquelle elle se définissait comme étant une « travailleuse du sexe ». Au cours de sa courte carrière d’actrice, Ovidie se fit remarquer pour avoir refusé certaines pratiques banales telles que la sodomie et pour avoir imposé le port du préservatif sur les plateaux de tournage. Elle réalise son premier film porno alors qu’elle tourne encore comme actrice : « Orgie en noir » produit par Marc Dorcel en 2000 et pour lequel Ovidie décroche le « Hot d’or » du meilleur scénario 2001. Peu de temps après, en 2001, sort son second film en tant que réalisatrice, toujours produit par Marc Dorcel : « Lilith » qui bénéficie d’un casting de choix avec notamment Angela Crystal, Mercedes, Liza Harper, H.P.G., Ian Scott, et Titof. Dans « Lilith » on perçoit déjà la volonté de la jeune réalisatrice de s’adresser à un public féminin : jeune femme évoluant dans la routine d’une vie quotidienne banale, Lilith confie ses frustrations à une amie face à la monotonie qui l’étouffe et son besoin de liberté, ses désirs… En 2002 elle réalise sa première vidéo éducative sexuellement explicite : « Sexualité : Mode d’Emploi » trilogie produite par Blue One et sortie en 2003. Petit à petit la carrière d’actrice d’Ovidie s’efface au profit de la réalisation et y met un terme définitif après avoir tourné dans quelques productions traditionnelles : « Le Pornographe » réalisé par Bertrand Bonnello (récompensé en 2001 par le prix international de la critique lors du festival de Cannes), « Mortel Transfert » thriller réalisé par Jean-Jacques Beineix et sorti en 2001, « All About Anna » film érotique pour femmes de Jessica Nilsson sorti en 2005, produit par Zentropa la société de production de Lars Von Trier et enfin « La Nuit des Horloges, film fantastique de Jean Rollin sorti en 2007, produit par Avia Films et Les Films ABC.

Des vidéos d’éducation sexuelle pour adultes

A partir de l’année 2008, Ovidie va mettre de côté la vidéo porno traditionnelle et se concentrer sur la réalisation de vidéos d’éducation sexuelle pour adultes : elle est nommée directrice de production de la chaîne d’éducation sexuelle « Frenchlover TV » (Canalsat) dont elle élabore le contenu et la ligne éditoriale en tentant de rapprocher le porno de la réalité, en cassant les clichés de la pornographie traditionnelle. Entre 2008 et 2012 Ovidie a réalisé près de 200 programmes pour Frenchlover TV qui abordent la sexualité des couples adultes en toute simplicité, sans tabous ni vulgarité, avec intelligence et bonne humeur. Souhaitant insuffler au porno un vent de fraîcheur, Ovidie réalise des programmes empreints de réalisme avec des personnes vraies et naturelles dont la sexualité n’est pas faite de fist-fucking et d’éjac faciale mais de rapports sexuels inventifs, humains et axés sur le plaisir partagé.

Des films hybrides entre comédies de mœurs et porno pour couples

En 2009 Ovidie co-réalise avec Jack Tyler un film intitulé « Histoire de sexe(s) » qui se veut être un film réaliste sur la sexualité. La sortie de ce film a fait beaucoup de bruit car après passage en Commission de Classification « Histoire de sexe(s) a finalement été classé X par le CNC, chose qui n’était plus arrivée à un film depuis 1996 et qui signait la mort commerciale du film car exclu des réseaux de distribution traditionnels. Autant les réalisateurs s’attendaient à un visa d’exploitation avec interdiction aux moins de 18 ans et éventuellement accompagné d’un avertissement obligatoire sur le contenu du film, autant ils ne s’attendaient pas à une censure d’une telle sévérité. En effet, des films tels que « Baise-moi » de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi (sorti en 2000) ou « 9 Songs » de Michael Winterbottom (sorti en 2005) avaient obtenu un visa d’exploitation interdiction aux moins de 18 ans mais n’avaient pas été classés X. La sévérité du CNC à l’égard de « Histoire de sexe(s) » serait semble-t-il liée au fait que les réalisateurs, Ovidie et Jack Tyler, mais également la majorité des acteurs et actrices du film sont issus du milieu du porno.
Pourtant, en dépit de cet obstacle, Ovidie continue dans la voie du film hybride entre comédie de mœurs et porno pour couple en réalisant « Infidélité » (à travers leurs histoires et leurs parcours différents, trois couples nous font nous interroger sur le couple, l’amour, la fidélité/l’infidélité et le sexe) en 2010 puis « Liberté sexuelle » en 2012 (une réflexion décalée sur le sexe communautaire à travers le prisme de la télé-réalité).

Des documentaires, des reportages et des clips

Parallèlement à ses différentes activités Ovidie réalise plusieurs documentaires, des reportages ainsi que des clips. Elle réalise notamment « Rondes et sexy », « Le sexe écolo », « Les dessous du Cap d’Agde », « L’érotisme dans les films d’horreur », « Le Beverley, dernier cinéma porno à Paris » et « Le marathon de la masturbation » tous diffusés sur la chaîne Frenchlover TV entre 2008 et 2011. Ovidie est également la réalisatrice de « Rhabillage« , un reportage de 35 minutes produit par Jean-Jacques Beineix et diffusé sur France 2 en novembre 2011 dans l’émission « Envoyé spécial ». Dans le cadre d’une « carte blanche » à Ovidie, « Rhabillage » aborde le moment de leur vie où les actrices X souhaitent mettre fin à leur carrière dans le porno : d’anciennes stars du X (Eliska Cross, Brigitte Lahaie, Nina Roberts etc.) relatent les difficultés qu’elles ont rencontré lorsqu’elle ont voulu mettre un terme à leurs carrières d’actrices porno, le sexisme, les discriminations sociales etc. Ce reportage avait rencontré un franc succès en rassemblant près de 5 millions de téléspectateurs. En voici un extrait :

L’auteur, théoricienne et philosophe du sexe

Parallèlement à sa carrière d’actrice X, Ovidie écrit plusieurs ouvrages dont « Porno Manifesto« , un essai paru en 2002 aux éditions Flammarion puis La Musardine, dont le principal propos est de combattre les nombreuses idées reçues qui entourent la production de films pornographiques et de proposer une pornographie féminine. « Porno Manifesto » pose les bases théoriques de ce qu’Ovidie appelle le féminisme pro-sexe, un courant de pensée encore très peu connu à ce moment là : ce deviendra un ouvrage de référence en matière de travail du sexe (issu des termes américains « sex work »). Entre 2002 et aujourd’hui Ovidie est l’auteur de plus d’une dizaine d’ouvrages ayant tous pour dénominateurs communs la sexualité et la féminité mais abordés sous différents angles, sous différents formats (à l’exception de la biographie du groupe anarchiste Metal Urbain : « Un bon hippie est un hippie mort » publié en 2012 aux éditions du Camion Blanc et dans lequel Ovidie retrace l’histoire de la période punk allant de 1976 à 1979). La jeune femme rejoint en 2004 les éditions La Musardine dont elle devient l’un des auteurs-phares avec 7 livres publiés. Outre ses livres, Ovidie collabore également avec la presse papier, la radio et la presse en ligne : elle écrit plusieurs articles dans des journaux et magazines papier tels que « The Guardian », « Union » ou « Newlook », elle participe à des émissions de radio sur Oüi FM et Le Mouv’ et tient depuis 2013 son blog sur le site d’informations Metronews (le blog d’Ovidie).


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